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Le repaire JIN-ROH de Dan42
L a    B r i g a d e    d e s    L o u p s
ENTREVUES

C'est dommage, mais ce n'est pas moi qui a fait ces entrevues (ça aurait été quelque chose!) Mais puisque je voudrais rassembler toutes les parcelles d'information existantes sur Jin-Roh, je me suis dis que je serais aussi bien de copier les entrevues ici. Et puisqu'elles étaient toutes en anglais, je les ai traduites. Et si le dialogue ne semble pas 100% cohérent quelques fois, c'est la faute du texte original, OK? ^_^'

  • Hiroyuki Okiura interviewé par EX
  • Mamoru Oshii interviewé par Production IG
  • Tetsuya Nishio interviewé par Production IG
  • Hiroyuki Okiura interviewé par AnimeLand


    Provient de EX, parution 4.4, JINROH Movie Premiere at the UCLA Anime Festival
    Traduit de l'anglais au français par Daniel DeLorme

    Entrevue avec le réalisateur HIROYUKI OKIURA
    Interviewer: Charles McCarter (EX: The Online World of Anime & Manga)

    EX: Ce film ressemble vraiment beaucoup aux autres oeuvres de Mamoru Oshii. Quel était sa participation dans ce film?

    OKIURA: M. Oshii a écrit le scénario. Après ça, il revenait à moi de l'éditer et d'inventer tout le reste par moi-même. J'ai essayé d'ajouter mes touches personnelles pour rendre ce film plus comme étant le mien.

    EX: Est-ce que ce film suit la continuité du manga ou des films live?

    OKIURA: Il est basé sur la version manga, mais les événements sont différents dans le film.

    EX: Les gens vont comparer JINROH à GHOST IN THE SHELL. Qu'est-ce que ça vous fait?

    OKIURA: Eh bien, je pense que c'est un film très différent. GHOST se déroule dans le futur, et ceci se déroule dans un passé alternatif. Bien qu'il ait peut-être certains thèmes et idées similaires, les films sont différents.

    EX: Ceci était votre première expérience comme réalisateur, vrai? Quelle a été la partie la plus difficile?

    OKIURA: Je crois que la partie la plus difficle était tout simplement de suivre tout ce qui devait être fait. Il y a beaucoup de travail à faire et tant de gens travaillaient sur ce film.

    EX: Avez-vous utilisé beaucoup d'ordinateurs pour animer JINROH?

    OKIURA: Pas vraiment, pas beaucoup. Nous l'avons utilisé pour faire une partie du travail de caméra, mais nous ne l'avons vraiment pas utilisé tant que ça.

    EX: Sur quoi aimeriez-vous travailler ensuite?

    OKIURA: Eh bien, puisque JINROH n'est pas encore sorti au Japon, j'ai l'impression que je travaille encore dessus. Alors je ne peux vraiment pas penser à des projets futurs maintenant.


    Provient de Production I.G. Interviewing (Part 1) MAMORU OSHII et Interviewing (Part 2) MAMORU OSHII
    Traduit de l'anglais au français par Daniel DeLorme

    Entrevue avec le scénariste MAMORU OSHII
    Interviewer: Kenji Kamiyama

    KAMIYAMA: Je suis honoré d'être choisi comme votre interviewer. Comme vous pouvez savoir, j'ai déjà fait partie de l'équipe JINROH. Aujourd'hui, je suis heureux de vous rencontrer une fois de plus. Cette entrevue est pour le site web de IG donc j'aimerais que vous nous disiez quelque chose de neuf. Commencons à partir de la pré-production de JINROH. Quand exactement avez-vous planifié le projet?

    OSHII: Uh... J'ai fait GHOST (G in the S) il y a environ un an et demi, donc ça fera 3 ans.

    KAMIYAMA: 3 ans... et quoi?

    OSHII: J'ai planifié le projet là.

    KAMIYAMA: Vous voulez dire le film "JINROH"?

    OSHII: Ouais, enfin, pas vraiment. Ce n'était pas supposé être un film à cette époque. Ils voulaient faire un OAV basé sur une histoire appellée "Kenrou Densetsu." C'était juste après que j'ai fait "Pat 2". Je me demandais quoi faire ensuite. J'ai pensé que ceci ferait l'affaire et je l'ai donc amené à Bandai.

    KAMIYAMA: Vous voulez dire le manga?

    OSHII: Correct. Il y avait 6 épisodes et ils ont toujours voulu en faire un anime, donc pourquoi pas un anime de 6 épisodes? À cette époque, IG voulait aussi faire une série avec moi, donc c'était une coincidence. J'ai amené le plan à Bandai moi-même. Mais quand je suis arrivé, ils m'ont montré "GHOST."

    KAMIYAMA: Comme pour vous dire pourquoi ne pas faire GHOST en premier?

    OSHII: Correct. "Kenrou Densetsu" était encore en pré-production. Ils voulaient que je soit le réalisateur pour tous les 6 épisodes, et j'ai alors pensé à l'homme parfait pour la position. Okiura devrait faire en entier le 3e épisode nommé "Stray Dog" ou quelque chose comme ça. Je lui ai demandé et il a dit qu'il adorerait faire ça. Je ne me rappelle plus pour les 5 autres épisodes, mais Okiura été supposé faire le 3e. Entre-temps, on m'a dit de faire "GHOST."

    KAMIYAMA: Donc vous vous être retrouvé à faire GHOST au lieu de Kenrou. Et comment est-ce que Kenrou est devenu le futur projet JINROH?

    OSHII: Eh bien, Manga Entertainment voulait faire un autre projet après que GHOST soit devenu un aussi gros hit. Nous avons alors pensé de faire JINROH ensemble. Manga connaissait Kenrou, qui avait été traduit en anglais et publié aux États-Unis.

    KAMIYAMA: C'est comme ça que vous avez décidé de faire un film.

    OSHII: Ils ne voulaient rien d'autre qu'un film. Mais puisque je ne pouvais pas le faire seul par moi-même, Bandai m'a suggéré d'utiliser Okiura.

    KAMIYAMA: Donc c'est Bandai qui a sélectionné Okiura-san?

    OSHII: Eh bien, c'était plutôt mutuel. Ishikawa de chez IG voulait que ce soit Okiura, et Bandai aussi. S'il devait devenir un réalisateur éventuellement, il devrait faire son premier projet avec nous. C'était le requête de Bandai également.

    KAMIYAMA: Bandai a dit ça?

    OSHII: Oh oui. Manga a aussi été d'accord après avoir découvert qu'il était l'animateur en chef et "character designer" pour GHOST. J'ai alors demandé qu'est-ce que je devrais faire, et ils m'ont dit de rester hors du chemin! Donc j'ai supplié qu'ils me laissent au moins faire le script et tout le monde chez Bandai a fait la grimace.

    KAMIYAMA: Vous voulez dire à propos de vous écrivant le script?

    OSHII: Oui, ils avaient déjà désigné Ito pour faire le script. Ito ne voulait pas le faire et il a donc refusé. Je savais qu'il allait le refuser parce qu'il m'a déjà dit qu'il ne voulait pas écrire une histoire avec des chiens dedans, surtout après qu'il ait écrit "Akai Megane." Eh bien, ils m'ont donc demandé de faire le script après qu'Ito l'ait refusé. Vous voyez, je n'ai jamais voulu faire seulement que le script du projet, mais puisque Okiura allait être réalisateur, j'ai pensé que je pourrais le faire. En plus, Je voulais honnêtement en écrire un moi-même. Ishikawa était très heureux que je fasse le script, peut-être à cause du bon timing. Puisque j'étais l'auteur original, personne n'avait besoin d'argumenter avec quiconque. Le script est toujours meilleur s'il est écrit par l'auteur original. Puis, Bandai nous a donné le feux vert quelque part en Juin dernier alors que j'étais encore en train de travailler sur GHOST. J'ai complété le script à la fin de Juillet.

    KAMIYAMA: Parliez-vous à Okiura-san pendant que vous écriviez le script?

    OSHII: le synopsis...

    KAMIYAMA: Celui d'Okiura-san, vous voulez dire?

    OSHII: C'est comme ça qu'il faut le faire... il a dit quelque chose comme ça.

    KAMIYAMA: Alors, comment était son synopsis?

    OSHII: Il a toujours voulu faire un drame, un qui serait sérieux... dans le style d'une route royale. Il m'a dit que le film deviendra le vrai drame.

    KAMIYAMA: Alors, votre intention de réaliser le film était déjà disparue à ce moment.

    OSHII: J'ai abandonné.

    KAMIYAMA: Si possible, auriez-vous voulu le réaliser vous-même?

    OSHII: Énormément, surtout quand j'ai écrit le script. Honnêtement, je pense encore que j'aurais dû le faire moi-même. Je ne voulais pas le donner à qui que ce soit.

    KAMIYAMA: Quand avez-vous rencontré Okiura-san pour la première fois?

    OSHII: Je ne me rappelle pas trop bien, mais pour autant que je sache c'était lors de Patlabor.

    KAMIYAMA: Quel Patlabor?

    OSHII: Le Film.

    KAMIYAMA: 1 ou 2?

    OSHII: Était-ce le 1? Ou est-ce qu'il n'était pas là lors du 1?

    KAMIYAMA: Je ne pense pas qu'il ait fait le 1... (j'ai fait un peu de recherche après, et oui! Il était dans le 1. Excusez-moi pour le malentendu.)

    OSHII: Je me rappelle clairement pour PAT 2. Je veux dire, je me rappelle de l'avoir choisi pour PAT 2. J'ai eu beaucoup de difficulté.

    KAMIYAMA: Vous voulez dire, de la difficulté à le choisir?

    OSHII: Non, la production finale, pas l'histoire elle-même. La partie animation était une grosse tâche.

    KAMIYAMA: Vous voulez dire l'animation de Okiura-san?

    OSHII: Eh bien, Kise était très satisfait de sonb travail. Les scènes d'Okiura sont fameuses parmi les animateurs pour être l'animation NON clé, bien que très simple, les produits finaux sont beaux, aussi. Dans ce sens, je connaissais le nom. Et j'ai finalement pu le voir et le prouver moi-même. Son animation clé et ses arrangements visuels étaient tout simplement époustouflants. Je me suis dit que j'utiliserais son talent dans mon travail tôt ou tard.

    KAMIYAMA: Donc le fait que Okiura-san a été désigné comme réalisateur n'était pas seulement à la requête de Bandai, mais vous aussi vouliez le voir réaliser votre oeuvre! Alors qu'est-ce qui vous a fait décider ainsi?

    OSHII: D'abord, il a toujours été interessé par la chaise du réalisateur. Deuxièmement, il n'y avait personne d'autre.

    KAMIYAMA: Personne d'autre?

    OSHII: Personne convenable comme réalisateur. Je ne pouvais trouver personne de IG ou proche de IG. J'ai pensé à Kise au début mais il n'en avait pas la moindre intention.

    KAMIYAMA: Donc Kise-san n'avait essentiellement aucunes intentions ou intérêts pour réaliser.

    OSHII: Absolument pas! 100% NON! Donc j'ai pensé qu'on ne pourrait pas lui donner le poste. Chez IG, il n'y a pas tant de jeunes talents qui peuvent faire la réalisation d'un film. Seulement les vieux comme moi, Nishikubo et Yamazaki sont là pour le faire. J'avais toujours été en train de chercher des gens intéressants à qui donner cette chance, puis Okiura m'est venu à l'esprit.

    KAMIYAMA: Depuis GHOST (G in the S), les gens se font une image de Oshii = Digital. Si vous aviez réalisé JINROH vous-même, auriez-vous fait beaucoup de traitement digital comme vous avez fait dans votre GHOST?

    OSHII: Oui, j'y aurait pensé.

    KAMIYAMA: Mais je pense que JINROH a un monde complètement à l'opposé de GHOST, voulant dire que c'est plus analogue que digital. Si vous étiez à l'utiliser, ce serait un peu différent de la façon que vous l'avez utilisé dans GHOST?

    OSHII: Rien comme le monde 2D des ordinateurs. Le CGI peut être utilisé de différentes façons comme le travail de caméra, les effets, surtout les effets d'eau. Je ne comptait pas ajouter des textures 3D à cette ville (l'ancienne ville au style Gothique dans Tôkyô) Je voulais l'utiliser surtout pour le travail de caméra.

    KAMIYAMA: Le mouvement de la caméra est le point-clé?

    OSHII: J'ai apris pas mal pendant que je travaillais sur GHOST. Un ordinateur peut faire plus que du simple traitement digital. Vous pouvez l'utiliser pour le monde analogue aussi, surtout pour les mouvements verticaux de caméra et les effets de lentille, et beaucoup plus.

    KAMIYAMA: Dans ce sens, vous auriez utilisé beaucoup de technologie digitale.

    OSHII: Si c'était moi qui le réalisait, je dirais que oui, et le nombre d'animations serait moins de la moitié de celles d'Okiura... quelque part autour de 30 000.

    KAMIYAMA: L'utilisation de la technologie digitale ne peut plus servir de promotion des ventes efficace, donc je crois que vous avez raison à propos de vos idées de l'utiliser d'une façon différente.

    OSHII: Ne devrait-on pas tous aller dans cette direction à partir de maintenant?

    KAMIYAMA: Le système Animo qu'ils utilisent chez IG est supposé être plutôt bon, aussi. Les mouvements verticaux de caméra peuvent aussi être fait avec. Le problème est que Okiura-san est allergique à l'ordinateur!!

    OSHII: Il l'haïs vraiment!

    KAMIYAMA: Il préférerait ne pas l'utiliser.

    OSHII: Je sais, il ne préfère pas. Ce n'est pas qu'il ne sait pas comment l'utiliser. C'est simplement qu'il l'haïs!

    KAMIYAMA: En tant que réalisateur, il essaye de l'utiliser, puis il découvre qu'il ne peut pas dessiner dessus.

    OSHII: Il dit toujours que c'est plus rapide de dessiner à la main. C'est dans sa nature. Ce n'est pas une question de quel est meilleur ou pire.

    KAMIYAMA: La première fois que j'ai lu votre script, le personnage principal Fuse me faisait penser à Okiura-san. Je veut dire que sa nature est quelque peu similaire à celle d'Okiura-san. Est-ce que vous l'aviez à l'esprit quand vous avez créé le personnage de Fuse?

    OSHII: Je n'ai jamais pensé à ça. Je n'ai jamais demandé à Okiura ce qu'il aimait ou ce qui l'intéressait ou rien de personnel. Tout ce que je savais de lui c'est qu'il voulait faire un drame et décrire les vies complexes de chaque personnage. Il ne voulait pas faire de ces films de type fantasy, seulement des drames.

    KAMIYAMA: C'est aussi la première fois que je travaille avec Okiura-san, mais j'ai senti que lui et le personnage principal se ressemblent. Okiura-san avait toujours une image stoïque au départ et, à force de travailler ensemble, sa vrai personnalité qui était plus humaine est sortie. C'est comme cela que je vois Fuse aussi.

    OSHII: Eh bien, je n'ai jamais pensé à ça. J'ai décrit Fuse exactement comme je le voulait. Que Okiura veuille ou non changer l'apparence de Fuse, c'était complement à sa discrétion. J'étais seulement chargé d'écrire le script. La façon que j'écris mon script c'est que, peu importe qui est le réalisateur, aussi longtemps qu'il suit mon script précisément, le produit final peut obtenir un C+ ou plus à son achèvement. En vérité, c'était la première fois où le réalisateur avait sa propre idée qui était différente de la mienne.

    KAMIYAMA: Je vois... Comment trouvez-vous ça de faire le script seulement?

    OSHII: Vraiment frustrant! Quand je vois le produit final, il est généralement très différent de mon concept initial.

    KAMIYAMA: Vous voulez dire au niveau du thème?

    OSHII: Je veux dire comme l'histoire lente de PATLABOR. C'est un des seuls projets où j'ai fait seulement le script. Je me sentait dissatisfait au niveau de l'image, mais pas tant que ça au niveau de la réalisation.

    KAMIYAMA: Alors vous ne voulez pas faire seulement le script.

    OSHII: Essentiellement non. Ce n'est pas que j'haïs ça, mais ça rend les choses difficiles. Je respecte Ito qui n'a pas d'objection ou de plaintes à le faire. Je ne sais pas comment il peut faire ça.

    KAMIYAMA: Hmm... Je me le demande.

    OSHII: C'est ce que je pense. Du moment que tu écris, tu veux réaliser.

    KAMIYAMA: Que pensez-vous que les scénaristes ressentent?

    OSHII: Je ne sais pas. Je ne suis pas un scénariste, mais Ito a dit que, quelquefois, il se sent pareil comme moi. Ça le fait stresser aussi, mais c'est le genre de travail qu'il a choisit de faire, alors il ne peut pas y faire grand chose.

    KAMIYAMA: Maintenant que vous avez fini d'écrire le script, que pourrait être votre plus grande attente pour JINROH?

    OSHII: Je n'aurai aucun contrôle sur le produit final qui sera définitivement différent, alors j'espère seulement qu'ils essaieront de faire de leur mieux. Je parle des images ici. Après tout, le produit final sort seulement de la façon que le réalisateur le veut. Personne ne sait ce qu'il y a à l'intérieur jusqu'à ce qu'on ouvre le couvercle. réaliser n'est rien d'autre que de trouver tes idées et identités dans le script déjà existant, et tu les utilise dans ce que tu créé. Dans ce sens, il n'y a aucune façon de l'empêcher de devenir quelque chose de complètement différent.

    KAMIYAMA: Vous aez peut-être raison. Même en regardant le storyboard, le résultat peut être complètement différent.

    OSHII: Oui. Je ne veux vraiment pas voir le progrès au milieu. Je peux seulement dire que j'ai hâte au produit final et j'espère qu'ils se rappelleront tous de la date d'échéance!

    KAMIYAMA: Merci beaucoup pour votre temps.


    Provient de Production I.G. Interviewing (Part 1) TETSUYA NISHIO
    Traduit de l'anglais au français par Daniel DeLorme

    Entrevue avec le designer des personnages TETSUYA NISHIO
    Interviewer: Kenji Kamiyama (Directeur de l'animation)
    Audience: Kenji Horikawa (Production Manager)
    Invité spécial: Masanori Yoshihara (Animateur)

    KAMIYAMA: J'aimerais commencer avec M. Nishio.

    NISHIO: Oui, s'il-vous-plait.

    KAMIYAMA: Comment avez-vous obtenu le poste de designer des personnages pour JINROH?

    NISHIO: Comment?

    KAMIYAMA: Oui, quand en avez-vous entendu parler pour la première fois?

    NISHIO: Quand... voyons voir, au début ce n'était rien comme animateur en chef ou designer des personnages. C'était plus comme une référence par mon ami Yoshihara qui était l'un des animateurs de GHOST. Il m'a parlé du projet qui allait être réalisé par Okiura-san. J'ai toujours voulu travailler avec lui alors j'ai pensé que ceci serait la meilleure chance. Et après ça il s'est trouvé qu'ils me voulaient comme animateur en chef!

    YOSHIHARA: J'étais celui qui a donné le numéro de téléphone de Nishio à Okiura-san.

    KAMIYAMA: Je vois, alors sans vous, Nishio n'aurait jamais eu le poste.

    YOSHIHARA: Je crois bien... (tout le monde rit)

    NISHIO: De toute façon, je ne sais toujours pas pourquoi Okiura-san m'a choisit. j'ai encore trop peur pour demander...

    KAMIYAMA: Hmm...

    YOSHIHARA: Je sais pourquoi. Arakawa-san qui était l'un des animateurs de GHOST avait suggéré Nishio à Okiura-san, qui à cette époque recherchait un animateur qui pouvait créer une image réaliste utilisant des lignes fines. Alors Arakawa-san a dit que dirais-tu du design des personnages Nishio qui a fait la série TV "Ninku." Dans ce sens, Nishio allait obtenir le poste de toute façon.

    NISHIO: Ah, vraiment?

    KAMIYAMA: Je vois. Donc, Okiura-san connaissait votre Ninku et l'avait vraiment aimé. J'imagine que ça vous apprend quelque chose de neuf! J'ai aussi entendu dire que vous n'aviez jamais parlé avec Okiura-san jusqu'à ce que vous obteniez le poste. Quelle était votre première impression de lui?

    NISHIO: Eh bien, vous voyez, il y a plus que ça avant notre rencontre. J'avais appris à propos de l'offre seulement indirectement, et je n'ai pas pu le rencontrer avant l'automne. C'était aussi l'époque où nous nous demandions si on devait continuer la série Ninku ou non. Si l'extension avait été approuvée, je n'aurais eu d'autre choix que de rejeter l'offre pour JINROH. Rien n'était coulé dans le béton à cette époque, alors je ne pouvait pas encore répondre à Okiura-san. C'était la situation. S'il n'y avait pas eu de conflits, alors je voulais vraiment me donner la chance avec JINROH. C'est ça que j'avais dit à Okiura-san.

    KAMIYAMA: Alors vous ne lui avez pas dit oui ou non.

    NISHIO: Non, je suppose que je ne l'ai pas dit.

    KAMIYAMA: Et ceci est ce qui a conduit à l'incident a.k.a "l'accident des buveurs"...

    NISHIO: C'est exact, alors là j'ai totalement perdu la tête!

    HORIKAWA: Qu'est-ce qui s'y est passé exactement?

    YOSHIHARA: Il faisait le gay.

    HORIKAWA: Quoi???

    NISHIO: On se faisait du fun. On était fous cette nuit là. C'était notre première rencontre et on s'est retrouvés à boire toute la nuit.

    YOSHIHARA: Et les gens ont découvert que tu étais gay!

    NISHIO: Arrête-ça! (rires)

    HORIKAWA: Était-ce seulement vous deux qui buvaient?

    NISHIO: Non, Kise-san et Oshima-san étaient là aussi. Oh oui, et il y avait Ishikawa-san. Il m'a dit le jour suivant qu'ils avaient choisi la mauvaise personne! (Tout le monde rit)

    KAMIYAMA: Alors vous avez été un fort impact pour IG.

    YOSHIHARA: J'ai demandé à Okiura-san quelle était son impression de Nishio et il a dit que Nishio était complètement différent de ce qu'il avait entendu des autres.

    KAMIYAMA: Comme si ceci ne peut pas être le vrai Nishio. (rires)

    YOSHIHARA: J'étais très choqué quand j'ai entendu les nouvelles. Je me disais mais qu'est-ce qu'il a bien pu faire?

    NISHIO: Eh bien, la première impression est toujours importante, non? Je voulais me donner un peu de panache! Bon, de retour au sujet. L'extension pour Ninku s'est trouvée être pour seulement 5 autres épisodes et JINROH s'est aussi fait remettre à Février donc tout a fonctionné parfaitement et j'ai pu participer aux deux.

    KAMIYAMA: C'est vrai. Je me rappelle que nous sommes arrivés chez IG en Mars.

    NISHIO: Wow, ça fait presque un ans maintenant.

    KAMIYAMA: Que pensiez-vous de JINROH quand vous avez lu le script pour la première fois? Est-ce que ça collait à votre idée?

    NISHIO: Pas du tout. C'était complètement différent de ce que j'avais fait jusque là, alors dans ce sens ça présentait un beau défi. En fait, je n'avais jamais fait un long film en écran large, au-dessus de 10 mille cels, alors c'était une grande chance! J'étais si renversé qu'une aussi grosse position me soit offerte. En plus j'avais aussi été intéressé par le problème de sécurité des activistes étudiants dans les années 70, comme le thème que Oshii-san utilise dans sa piece. Alors j'ai amassé plein d'infirmation dessus, mais malgré mon temps et mon effort, Okiura-san a décidé de ne pas trop se concentrer sur ces sujets.

    KAMIYAMA: Il n'y a pas beaucoup d'animateurs qui aiment ce sujet et vous êtes trop jeune pour entrer dans cette génération.

    NISHIO: Pas vraiment

    KAMIYAMA: Eh bien, je suppose que Nishio était le choix parfait dans ce sens.

    NISHIO: En fait, j'ai même fait un storyboard sur le sujet des activistes étudiants des années 70 pour mon projet de graduation.

    HORIKAWA: Vraiment?

    NISHIO: Une histoire d'amour parmi les activistes étudiants. C'est à propos d'un homme dont l'ami se fait tuer par un activiste et il luttle pour devenir plus fort comme combattant.

    KAMIYAMA: Et puis il se fait couper les cheveux court et dit à la fille qu'ils ne sont plus des enfants.

    NISHIO: Non, non, c'est plus divertissant que ça. Hé, ceci va être le web, exact?

    HORIKAWA: Je veux voir ce storyboard.

    KAMIYAMA: Oui, moi aussi!

    NISHIO: Pas question!

    KAMIYAMA: Est-ce que vous avez vos idées passées dans vos designs courants?

    NISHIO: Pas vraiment. Les idées d'Okiura-san sont très différentes de celles-là alors je ne peux inclure aucune de mes idées dans le travail que je fait en ce moment. C'est difficile. Seulement les détails de leurs apparence, des objets qu'ils transportent, etc sont des choses que j'avais dans mon "tiroir" alors j'ai pu les utiliser, mais les personnages eux-mêmes sont quelque chose qu'Okiura-san a dû me montrer. Okiura-san m'a appris beaucoup. Il est incroyable. J'ai été ébahi quand il m'a appris comment distinguer les Japonais des Occidentaux. C'était comme un gros choc culturel pour moi!

    YOSHIHARA: Vous voulez dire les couleurs de leurs cheveux, exact?

    NISHIO: Non!! (rires) Eh bien, dans ce cas vous devez être un Occidental vous-même avec une teinture blonde!

    KAMIYAMA: Mais ma moustache est noire.

    NISHIO: Sans oublier vos sourcils. J'en AI appris pas mal pendant une année de travail sur JINROH. Le most "compromis" n'existe pas dans le dictionnaire d'Okiura-san. Il pouvait facilement dire si je travaillais dûr ou si je paressais en regardant mon travail, et il avait toujours raison! Je me suis beaucoup amélioré techniquement comparé à l'année dernière. Je voudrais pouvoir refaire certains des personnages que j'ai conçus dans le passé. Puisque je n'avais jamais fait un projet à grande échelle comme celui-ci, tout me semblait nouveau. Chaque jour était plein de surprises et j'ai même appris le vraie façon de faire des films! Une chose qui m'a surpris d'Okiura-san au début c'était qu'il voulait décider par lui-même pour les types de papier qu'il allait utiliser.

    KAMIYAMA: Uh huh

    NISHIO: C'était comme "wow! ils commencent en sélectionnant les feuilles!"

    KAMIYAMA: C'est une des choses qui est différente d'une série TV, Il n'y a pas de temps pour penser, débattre ou s'inquiéter quand on fait une série.

    NISHIO: C'est vrai! Les séries TV sont généralement très systématiques. Chacun a sa propre tâche et sait exactement ce qu'il doit faire. Il y a déjà un chemin solide de tracé et on n'a qu'à le suivre.

    KAMIYAMA: Et que dire de la partie où les personnages n'ont pas d'ombres? Je parie que ça dû être difficile et tout un défi d'éliminer les ombres lorsque vous avez fait ce film. Vous avez probablement dû faire une pause pour trouver comment faire ça sans ombres.

    NISHIO: Oui, c'est la première chose qu'Okiura-san m'a dit. Essaye de réduire le nombre de lignes et le faire sans ombres. Il voulait dire, essayons de faire quelque chose de complètement nouveau et différent même s'il semblait un peu incertain de l'idée. Mais ensuite j'ai proposé la même chose aussi! Maintenant que j'étais celui qui avait fait la décision finale, je savais que je devais être responsable pour cette idée.

    KAMIYAMA: Je parie que tous les animateurs ont été heureux de votre décision. Ce n'est plus nécessaire de travailler sur les ombres.

    NISHIO: C'est exact. J'ai fait l'élimination des reflets dans les yeux pour Ninku, et maintenant je fais la même chose pour les ombres. Pensez-vous que je vais pouvoir retourner aux dessins ordinaires après ça? (rires) Je me demande si les studios voudront encore m'engager...

    KAMIYAMA: Vous n'avez qu'à y penser comme de l'expérience gagnée en perdant quelque chose d'autre (rires).

    NISHIO: Quelquefois mes habitudes reviennent et je prend niconsciemment un crayon de couleur pour faire les ombres.

    KAMIYAMA: J'étais aussi comme ça avant. J'avais toujours peur que les images aient l'air de mauvaise qualité sans les ombres. Mais quand on teste le film, les personnages sans ombre n'ont pas l'air si mauvais qu'on pourrait le penser.

    NISHIO: Mais pas-d'ombres et moins-de-lignes pourraient mener l'audience à s'attendre à un film d'action. Pour augmenter le nombre de scènes d'action, il nous faudrait réduire le nombre de lignes. Mais Okiura-san ne voulait pas en faire un film d'action. Il voulait plutôt le rendre plus dramatique et émotif.

    KAMIYAMA: Je le sais. Il veut faire quelque chose de plus serein et humain.

    NISHIO: J'ai commencé à comprendre ses intentions graduellement, mais les animateurs qui n'en savent rien pourraient être surpris.

    KAMIYAMA: Hmm, je me demande... On ne devrait pas aller trop dans les détails à ce point. Juste pour que tout le monde le sache, ce film est loin d'être un film d'action.

    NISHIO: C'est vrai. Okiura-san m'a dit l'autre jour que même si JINROH porte la sceau d'Oshii, il pourrait le rendre beaucoup plus excitant maintenant qu'il est le réalisateur.

    KAMIYAMA: Je vois. Si JINROH avait été réalisé par Oshii-san, nous aurions eu a dessiner plein de soldats casqués.

    NISHIO: Je n'ai pas encore dessiné de casques... Mais je ne sais vraiment pas ce qu'il va se passer.

    KAMIYAMA: C'est vrai. On n'a pas encore fait de casques (rires). Seulement beaucoup d'hommes d'âge mur. Combien de vieux types est-ce qu'on a fait jusqu'ici?

    NISHIO: Voyons voir... combien? Un bon nombre, je crois.

    KAMIYAMA: J'ai bien peur que JINROH devienne le premier film d'animation avec autant d'hommes d'âge mur. (tout le monde rit)

    NISHIO: Vous avez peut-être raison. Je n'ai jamais rien vu de semblable avant.

    KAMIYAMA: Même le personnage principal est vieux!

    NISHIO: 27? 28?

    KAMIYAMA: Je pensais qu'il avait 30 ans.

    NISHIO: Le type a l'air vieux pour son âge. Si on compare le personnage principal d'Okiura-san sur ses dessins récents à celui sur ses croquis initiaux, le plus récent a l'air beaucoup plus vieux. La plupart avaient l'air de jeunes garçons dans ses dessins originaux.

    KAMIYAMA: Et l'héroine est une fille de 18 ans.

    NISHIO: Oui, ce qui être drôle c'est qu'il est plus facile de dessiner des vieux types que des jolies filles.

    KAMIYAMA: C'est parce que tu devient vieux.

    NISHIO: IG est connu pour produire des vieux types! (rires)

    KAMIYAMA: Vrai, comme dans PATLABOR 2.

    NISHIO: Pourquoi donc?

    KAMIYAMA: Eh bien, Oshii-san est un vieil homme aussi.

    NISHIO: Si on veut dessiner un policer le plus réaliste possible, il devient automatiquement un vieil homme. Est-ce que c'est une raison similaire?

    KAMIYAMA: C'est ça, exactement comme il n'y a pas de jolies filles ou de jeunes garçons dans une équipe de police. Il y a un personnage féminin qu'on surnomme Jibaku-chan. Elle est la plus jeunes dans l'histoire. 15 ans environ? Oh, je viens de me rappeller de quelque chose de drôle! Shimizu-san est arrivé un jour et m'a dit, "quelle est cette rue sur laquelle marche Jibaku (auto-explosion) ?" Je n'avais aucune idée de quoi il parlait... une auto-explosion qui marche? Puis j'ai découvert qu'il parlait de la fille.

    NISHIO: Shimizu-san l'appelle sans le "chan".

    KAMIYAMA: Oui, c'est vrai. Son vrai nom est en fait Nanami Agawa.

    NISHIO: Je suis celui qui l'a surnommée Jibaku. Certains utilisent le kanji pour "Jibaku" et d'autres utilisent le katakana pour "chan". C'est supposé être "Jibaku" en katakana et "chan" en hiragana. Le personnel était complètement confus et plus tard ils m'ont rendu encore plus confus! Son nom est comme pour Doraemon. Il faut savoir où le katakana fini et le hiragana commence. (tout le monde rit) Bon, retournons au sujet. Une des raisons pour lesquelles j'ai choisi de faire ce projet c'est qu'il n'y a pas beaucoup de jolies files dans l'histoire, contrairement à la plupart des anime. JINROH est très différent. Il ne tombe peut-être pas dans une catégorie d'anime. Je ne voudrais même pas aller proche du studio d'enregistrement (doublage).

    KAMIYAMA: Ugh... Je me demande s'il y a assez d'acteurs mâles pour les voix. (rires)

    NISHIO: Les vieux hommes ont tendance à avoir plusieurs types de voix différents.

    KAMIYAMA: Ouais, je suppose qu'on va devoir utiliser des acteurs de films après tout. Je ne sais pas si je veux participer à ce groupe pour le doublage. Il va y avoir au moins un jour où il y aura seulement des gars et pas une seule fille!

    NISHIO: Ugh... Je crois bien que tu as raison. (tout le monde rit)

    HORIKAWA: Quand un groupe d'actrices se rencontrent, elles jasent, sourient et s'amusent etc, mais imaginez une bande de vieux hommes faire ça... (silence)

    KAMIYAMA: Oublions ce sujet. C'est trop dépressant. Maintenant, Nishio-san, que pensez-vous serait la meilleure scène dans JINROH?

    NISHIO: Meilleure scène& Vous voulez dire dans l'histoire?

    KAMIYAMA: Le climax de l'histoire et aussi ce que vous pensez être le meilleur dans votre propre travail.

    NISHIO: Le climax va dépendre d'Okiura-san... oops! (rires)

    KAMIYAMA: Mais pour la partie que vous ne pouvez pas laisser faire à quiconque d'autre que vous?

    NISHIO: Je dirais les scènes de foule. Je veux les rendre aussi bonnes sinon meilleures que celles d'Akira.

    HORIKAWA: Ça doit être difficile de faire une bonne scène de foule. Je me demande quel genre d'information l'audience ou les gens qui ne sont pas impliqués dans la production d'anime recoivent en regardant une telle scène.

    NISHIO: Les gens qui ne connaissent pas les animations?

    HORIKAWA: J'assume que les seules personnes qui sont excitées par les scènes de foule d'Akira et de Ponpoko sont ceux qui ont eu l'expérience de le faire.

    NISHIO: mais quand Nostradamus a été joué au Japon, ils ont fait une grosse histoire avec les scènes de foule faites par CG.

    HORIKAWA: Il ont fait des gros profits avec le CG.

    KAMIYAMA: Le CG était populaire et nouveau dans ce temps. Même chose pour le Roi Lion. Ils ont utilisé du CG pour un troupeau de buffles.

    NISHIO: Et nous faisons tout ça à la main. Ça va être un argument de vente choc! L'autre argument de vente serait la complexité de l'histoire. JINROH parle des aspects noirs et cachés des organisations de police et des systèmes. Vu que l'histoire est si réaliste, certaines personnes nous ont conseillé de faire un film live plutôt qu'un anime. Mais personnellement je préfère voir ce genre d'histoires en anime.

    KAMIYAMA: Moi aussi. Oshii m'a déjà dit ça. Il a commencé avec PATLABOR 1, puis 2 et enfin GHOST IN THE SHELL. Ils ont tous des histoires très complexes, et c'est pour ça qu'ils sont devenus très bien connus. Je pense que c'est un bon départ. Je respecte sa stratégie. Au contraire de Ghibli qui est devenu populaire en faisant des histoires simples, IG devrait faire le contraire. Nous ferons les histoires lourdes, qui sont plus difficiles à transformer en anime.

    NISHIO: Bien que les fans sont encore une minorité dans l'industrie des anime.

    KAMIYAMA: C'est vrai. Devinez combien de scènes nous faisons pour JINROH? 1200!

    NISHIO: Bon sang! 1200?

    HORIKAWA: Non, 1300 scènes!

    KAMIYAMA: Et vous êtes le seul animateur en chef pour l'ensemble des 1300 scènes!

    NISHIO: C'est exact, moi seul. Je suppose que c'est ce qui est le plus significatif de JINROH!


    Provient de AnimeLand, parution #56, (via C.A.P.O. Headquarters) Entretient avec le réalisateur de Jin-Roh

    Entrevue avec le réalisateur HIROYUKI OKIURA

    ANIMELAND: Votre parcours, s'il vous situe dans un courant précis de la production d'animation au Japon, n'est pas nécessairement évident à percevoir depuis l'étranger. Né en 1966, à Ôsaka, vous vous êtes lancé professionnellement dans l'animation à votre sortie du collège, en 1983. Pouvez-vous expliquer les tenants de votre surprenante précocité?

    OKIURA: En fait, je n'ai pas commencé à travailler tout de suite après le collège, je suis d'abord entré au lycée, mais deux mois de cours m'ont suffi pour regretter cette décision, et je me suis alors tourné vers l'animation. J'ai toujours dessiné depuis l'enfance, et j'ai découvert le travail de l'animation à mon entrée au collège. Pendant toute ma scolarité là-bas, j'ai continué à m'y consacrer avec des amis, dans le cadre d'un club que nous avions crée. C'est ce qui explique que, quand j'ai décidé d'abandonné les études, j'avais déjà un niveau de compétence me permettant de travailler dans ce secteur.

    ANIMELAND: Le studio "Anime R", où vous avez fait vos débuts en tant qu'intervalliste sur des séries télévisées comme Votoms ou Galient, fait partie des structures de production basées à Ôsaka, souvent dédiés à la sous-traitance... Quelle en étaient les principales activités, et combien de temps y êtes-vous resté?

    OKIURA: Il s'agit en effet d'un studio de sous-traitance qui à l'époque travaillait principalement aux séries animées de robots de la société Sunrise. J'y ai travaillé pendant sept ans, jusqu'en 1990, date à laquelle je suis devenu free-lance.

    ANIMELAND: Au sein de ce studio vous vous voyez confier en 1985 le poste d'animateur-clé, mais aussi et surtout de directeur de l'animation sur la série Vismark (Sab Rider), et dirigez pour la première fois l'animation de l'ensemble des engins et éléments mécaniques (créés par Ôgawara Kunio) pour la série télévisée SPT Layzner l'année suivante : comment expliquez-vous cette étonnante rapidité dans l'accès aux responsabilités techniques les plus élevées?

    OKIURA: Ce que je peux dire, c'est qu'ayant bien sûr commencé, comme tout le monde, en tant qu'intervalliste, c'est sur Vismark que j'ai réellement "animé" pour la première fois. C'est après le lancement de la série que j'y ai pris part en tant qu'animateur-clé, et seulement vers la fin qu'on m'en a confié la direction de l'animation. Il faut savoir que cette série, qui a duré à peu près un an, avait été dirigée depuis le début (NDLR : pour les épisodes sous-traités à Anime R) par Taiguchi Moriyasu, le dirigeant d'Anime R  quand il a été trop occupé par d'autres travaux, on a eu besoin d'un remplaçant. C'est ainsi qu'avec un animateur du nom d'Ôsaka Hiroshi, qui ces derniers temps a dirigé l'animation d'épisodes de titres comme Escaflowne ou Cowboy Bebop, nous nous sommes vus confier la direction commune de l'animation sur cette série, chacun se chargeant à chaque fois d'une moitié d'épisode. Quant à savoir si la rapidité à laquelle j'ai gravi les échelons de la profession est chose courante, ce type de progression varie sensiblement selon les studios, et je ne peux donc pas dire grand-chose de portée générale… Mais je pense en effet que dans mon cas, les choses ont avancé plus vite que la moyenne.

    ANIMELAND: Akira et Venus Wars, en 1988, sont vos premiers travaux sur des films de cinéma, et les longs métrages suivants de votre parcours, comme Hashire Melos ou Patlabor, confortent encore dans l'impression qu'à ce moment est apparue une génération d'animateurs formant un groupe spécifique, marqué par une tendance à l'hyper-réalisme et par une recherche très minutieuse en ce sens.

    OKIURA: Il faut dire qu'Ôtomo Katsuhiro, venu du manga auquel il a imprimé la marque de son talent, et où il avait fait sensation depuis des années par son trait et ses univers, a également marqué les professionnels de l'animation d'une empreinte semblable. Nombreux sont les animateurs de ma génération qui, ayant lu ses mangas dans leur jeunesse ou à leurs débuts, ont été profondément impressionnés par son graphisme, son sens du dessin, et y ont puisé une influence décisive dans leur vocation ou leur travail. Il a apporté une touche et une orientation bien à lui, dans ses travaux animés aussi bien que ses manga.

    ANIMELAND: La plupart des films de ce courant "réaliste", et en particulier Akira, ont fortement marqué le public comme les animateurs de la jeune génération, en France également. De façon plus particulière, le développement des studios d'Ôsaka est très mal connu à l'étranger, et personnellement, le principal exemple qui me vient à l'esprit, en terme de parcours, est celui de Sadamoto Yoshiyuki (Evangelion)...

    OKIURA: Pour Sadamoto et quelques autres membres de Gainax, il me semble qu'ils ne sont pas réellement originaires d'Ôsaka, mais y ont seulement fait leurs classes... C'est là qu'avec Anno, notamment, ils ont animé les séquences des Daikon Films (NDLR : coutres animations réalisées en amateur pour le compte d'une convention de science-fiction).

    ANIMELAND: Dans votre cas, à quel moment vous êtes vous installé à Tôkyô?

    OKIURA: Au temps de la réalisation de Rôjin Z, en 1991. Ce projet coïncide avec mon passage au statut d'indépendant. Jusqu'alors, même pour les films de cinéma comme Venus Wars, j'avais invariablement travaillé depuis Ôsaka, à l'exception d'Akira, film pour lequel j'étais venu séjourner à Tôkyô pendant six mois...

    ANIMELAND: Ce déplacement entraîna aussi un changement de niveau dans votre parcours puisque depuis lors, vous avez travaillé presque exclusivement sur des productions pour le cinéma. À ce sujet, Hashire Melos, votre long métrage suivant et votre première expérience dans la création de presonages, est un film unique dans votre parcours par son thème et son registre historique. L'apparence de ces protagonistes occidentaux, assez particulières aussi, vous a-t-elle été inspirée d'une source grecque?

    OKIURA: Pour ce film, Ôsumi Masâki, le réalisateur (NDLR : metteur en scène notamment sur les Moomins et la première série de Lupin III) m'a guidé de ses conseils dans ce travail de création, que j'ai intégrés dans l'apparence générale des personnages. À l'époque, il n'y avait pas tant d'occasions qu'aujourd'hui de montrer ce genre de film à l'étranger, et personnellement je n'ai jamais pensé que celui-ci serait visible hors du Japon. C'est pourquoi j'ai avant tout visé à des personnages qui puissent sembler naturels aux yeux du public japonnais... En particulier pour le héros, Melos, je l'ai conçu brun, avec une ligne de regard plutôt proches des standards japonais et une forme de visage facilement attendrissante à nos yeux, par contraste avec les autres personnages, aux traits occidentaux plus marqués.

    ANIMELAND: Ce film se distingue également, me semble-t-il, par sa description d'un quotidien historique, ses enjeux, tout comme le statut qu'a pu lui conférer la recommendation du Ministère japonais de l'éducation.

    OKIURA: En somme, il n'y a rien de commun avec mes autres travaux. Quand j'ai pris connaissance de ce projet, au début, je me suis dis moi-même que cela ne me correspondait pas, et c'est seulement après en avoir discuté avec M. Ôsumi, et après avoir pris connaissance de sa vision de l'oeuvre et de l'adaptation qu'il projetait, que j'ai pris la décision de me lancer sur ce long métrage. Quant au résultat, je dois vous dire que mis à part Jin-Roh, c'est mon film préféré parmi tous mes travaux...

    ANIMELAND: Vous êtes ensuite animateur-clé sur le second film de Patlabor, et sur le premier segment de Memories, projet sur lequel vous croisez à nouveau Ôtomo après Akira et Rôjin Z. Comment avez-vous été amené à participer au sketch Magnetic Rose?

    OKIURA: En fait, sur Memories, le principe a constitué à réunir une équipe pour le sketch, et si Stink Bomb, la seconde partie (à laquelle j'ai aussi un peu participé), a été réalisée à Madhouse, les deux autres l'ont été à 4oC (NDLR : le studio d'Ôtomo). Le réalisateur de Magnetic Rose était Moritomo Kôji, et le directeur de l'animation Inoué Toshiyuki, avec qui j'ai travaillé à maintes reprises depuis Akira. Sur Melos, notamment, sa présence m'avait été très précieuse, et il m'a semblé naturel de l'aider à mon tour pour son travail suivant.


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